Manifestations féministes en 2025 : comprendre les enjeux et les mobilisations

L’année 2025 a marqué une nouvelle étape dans la mobilisation féministe en France, autour de deux dates structurantes : le 8 mars (Journée internationale des droits des femmes) et le 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes). Voici les principaux mouvements, organisations et revendications portées au cours de l’année.

En bref : les manifestations féministes 2025

  • 8 mars 2025 : grève féministe et mobilisation intersyndicale dans plus de cent villes françaises.
  • 25 novembre 2025 : marches #NousToutes contre les violences faites aux femmes, organisées dans toute la France.
  • Organisations principales : collectif Grève Féministe, #NousToutes, Osez le Féminisme, Planning Familial, intersyndicale CGT-Solidaires-FSU.
  • Revendications centrales : égalité salariale, lutte contre les violences sexistes et sexuelles, accès à l’IVG, partage du travail domestique, transition écoféministe.
  • Cadre institutionnel : données et bilans publiés par le ministère chargé de l’Égalité et le service statistique INSEE.

Le 8 mars 2025 : grève féministe et journée internationale

La date du 8 mars trouve son origine dans les luttes ouvrières et féministes du début du XXe siècle, officialisée par les Nations Unies en 1977. En France, la mobilisation 2025 a pris la forme d’une grève féministe totale portée par un appel intersyndical (CGT, Solidaires, FSU) et associatif (collectif Grève Féministe, Osez le Féminisme, #NousToutes, Planning Familial).Le concept de grève féministe dépasse l’arrêt du travail salarié pour englober ce que les organisations qualifient de travail invisible : tâches domestiques, soin aux enfants et aux aînés, charge mentale, qui incombent encore majoritairement aux femmes selon les enquêtes INSEE sur l’emploi du temps. L’appel a invité à cesser toute activité — y compris consommation et gestion du foyer — pour rendre visible cette répartition.Des cortèges ont été organisés dans plus de cent villes, des grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille) jusqu’à des villes moyennes et bourgades. Au-delà des manifestations, la journée a été ponctuée de programmations culturelles dédiées dans le service public audiovisuel et d’initiatives éducatives en milieu scolaire.

Le 25 novembre 2025 : marche contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre, instauré par l’ONU en 1999, a donné lieu à des marches organisées partout en France par le collectif #NousToutes et ses partenaires associatifs et syndicaux. La mobilisation 2025 s’inscrit dans la continuité des marches annuelles qui rassemblent depuis 2018 plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la capitale et plus largement à travers le territoire.Les chiffres rappelés à cette occasion proviennent du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et du ministère de l’Intérieur : ils documentent chaque année les féminicides conjugaux, les violences conjugales et les violences sexuelles enregistrées par les services de police et de gendarmerie. Les marches portaient, comme les années précédentes, l’exigence d’un renforcement des moyens dédiés à la protection des victimes, à la formation des forces de l’ordre et à l’application des ordonnances de protection.

Les revendications portées en 2025

Les axes structurants des manifestations féministes françaises en 2025 reprennent un socle stable, qui évolue peu d’une année sur l’autre :
  • Égalité salariale et professionnelle — fin de l’écart salarial mesuré par l’INSEE (environ 14 % à temps de travail comparable selon les dernières publications), revalorisation des métiers à forte présence féminine, accès aux postes de direction.
  • Lutte contre les violences sexistes et sexuelles — application effective des ordonnances de protection, formation systématique des forces de l’ordre et de la magistrature, financement des associations spécialisées, places en hébergement d’urgence.
  • Droits reproductifs — application effective du droit à l’IVG inscrit dans la Constitution depuis 2024, accès aux centres IVG en zones rurales, contraception remboursée pour toutes les tranches d’âge.
  • Travail domestique et charge mentale — reconnaissance et redistribution du travail non rémunéré, congé paternité allongé et obligatoire, services publics renforcés (crèches, accompagnement personnes âgées).
  • Convergences écoféministes et internationales — articulation des luttes féministes avec les enjeux climatiques et la solidarité avec les femmes des pays en guerre ou en situation post-coloniale.

Mobilisations locales et autres dates clés en 2025

Au-delà des deux journées internationales, plusieurs autres temps forts ont rythmé l’année :
  • Marches locales ponctuelles en réaction à des féminicides ou à des décisions de justice considérées comme insuffisantes.
  • Journée de l’IVG (28 septembre) — mobilisation pour l’accès effectif au droit à l’avortement.
  • Mobilisations syndicales dans les secteurs à forte présence féminine (éducation, santé, services à la personne) pour la revalorisation des grilles salariales.
  • Initiatives universitaires et lycéennes sur les violences sexuelles dans l’enseignement supérieur, prolongeant le mouvement #BalanceTonStage et #BalanceTonBahut.

Bilan 2025 et perspectives 2026

Le bilan 2025 a été établi par les organisations féministes et le ministère chargé de l’Égalité dans plusieurs rapports publics. Les avancées soulignées concernent l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution (4 mars 2024), l’évolution du cadre légal sur le viol et le consentement, ainsi que les premiers effets des plans interministériels contre les violences sexistes et sexuelles. Les revendications maintenues portent sur les moyens budgétaires alloués (passage à un milliard d’euros annuel demandé par les associations, ratio jugé encore insuffisant), l’application effective des dispositifs existants et le renforcement des sanctions contre les auteurs de violences.Pour 2026, les agendas militants déjà annoncés reprennent les deux dates pivots du 8 mars et du 25 novembre, avec une volonté affirmée de maintenir la convergence intersyndicale et associative qui a structuré 2025.

FAQ : manifestations féministes 2025

Quelles ont été les principales dates des manifestations féministes en France en 2025 ?

Deux dates structurantes : le 8 mars 2025 (Journée internationale des droits des femmes, marquée par une grève féministe intersyndicale dans plus de cent villes) et le 25 novembre 2025 (marches #NousToutes contre les violences faites aux femmes). À cela s’ajoutent la journée de l’IVG du 28 septembre et plusieurs mobilisations locales ponctuelles tout au long de l’année.

Quelles organisations ont coordonné les mobilisations féministes en 2025 ?

Les principales organisations sont le collectif Grève Féministe (intersyndicale CGT-Solidaires-FSU et associations), #NousToutes (mobilisation contre les violences), Osez le Féminisme, le Planning Familial, ainsi que de nombreux collectifs locaux et étudiants. Les rassemblements sont annoncés sur leurs plateformes respectives et sur agendamilitant.org.

Quelles étaient les principales revendications portées en 2025 ?

Cinq grands axes : l’égalité salariale et professionnelle, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, les droits reproductifs (application effective du droit à l’IVG inscrit dans la Constitution depuis 2024), la reconnaissance du travail domestique et de la charge mentale, et la convergence avec les luttes écoféministes et internationales.

Où trouver les données officielles sur les violences faites aux femmes ?

Les chiffres officiels sont publiés par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) du ministère de l’Intérieur, par l’INSEE pour les enquêtes de victimation, et par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes pour les bilans annuels et les indicateurs de suivi des plans interministériels.

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